Je suis un enfant de la DDASS.
Pendant des années, ces mots ont défini toute mon existence. J'étais l'enfant que personne n'était venu chercher. L'enfant qui regardait les autres rentrer chez eux. L'enfant qui se demandait pourquoi lui.
Cette question m'a poursuivi pendant des années.
Pourquoi moi ? Pourquoi commencer la vie sans racines ? Pourquoi avoir l'impression de ne jamais vraiment appartenir à quelque chose ?
Alors j'ai fait ce que beaucoup font. J'ai construit une armure.
Paris m'a appris à survivre. À avancer. À cacher mes blessures derrière des ambitions toujours plus grandes.
Mais au fond, je savais que quelque chose manquait.
Je pouvais réussir. Gagner de l'argent. Construire une carrière. Rien ne remplissait ce vide.
Alors un jour, je suis parti.
Direction le Nigeria.
Le pays où tout avait commencé.
Je pensais y chercher mes origines.
En réalité, j'y ai trouvé mon identité.
Pour la première fois de ma vie, je ne me sentais plus seul. Je ne me sentais plus perdu. J'avais une famille. Une culture. Une histoire. Je savais enfin d'où je venais.
Et c'est à cet instant que j'ai compris une chose.
On peut nous enlever une enfance. On peut nous enlever des années. Mais personne ne peut nous empêcher de construire un héritage.
PLVZ est née dans cet avion du retour.
Entre Lagos et Paris.
Entre celui que j'étais...
Et celui que j'avais décidé de devenir.
Cette Maison n'est pas née pour vendre des bijoux.
Elle est née pour rappeler à tous ceux qui pensent être partis avec un retard.
Que le point de départ ne décide jamais de la ligne d'arrivée.
Si tu t'es déjà senti rejeté.
Si tu t'es déjà senti différent.
Si tu t'es déjà demandé où était ta place...
Alors cette Maison est aussi la tienne.
Parce qu'au fond, PLVZ n'a jamais été mon histoire. Elle est celle de tous ceux qui refusent que leur passé décide de leur avenir.
Si mon histoire peut donner de la force à une seule personne...
Alors PLVZ aura déjà accompli bien plus que ce que j'avais imaginé.
Bienvenue dans la Maison PLVZ.
— Tunde Williams